Bilan 2017 : Mécaniquers du chaos … Par Guillaume Berlat

Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 01-01-2018

« Pour faire le bilan de ta propre sagesse, ajoute avec précaution la bêtise des autres » (Stanislaw Jerzy Lec). Et, c’est bien de ce dont il s’agit lorsque l’on caresse le projet utopique de dresser le bilan d’une année écoulée dans le domaine des relations internationales. Quel bilan tirer à chaud de l’année 2017 qui fut riche en surprises : bonnes (quelques-unes) et mauvaises (trop nombreuses) ? L’idéal eut été d’élargir notre champ d’action temporel. Vingt ans, c’est une bonne mesure pour analyser les effets d’une crise économique asiatique : dévaluation brutale de la devise thaïe, le bath ; propagation d’une vague de défiance à la zone ; retrait des financiers : effondrement des monnaies, faillites des entreprises surendettés, emplois détruits par millions, gouvernements battus, humiliation des plans de sauvetage du FMI…

Deux décennies après, les leçons semblent avoir été tirées par les dragons et les tigres de l’Asie du Sud-Est2. Aujourd’hui, les inquiétudes viendraient plutôt du surendettement chinois. Dix ans, c’est une bonne mesure pour analyser les effets d’une crise économique mondiale : crise des produits financiers toxiques et de l’irresponsabilité de certaines banques. Sur le plan moral et politique, le bilan est très lourd. À l’exception de Bernard Madoff, emprisonné pour fraude, les responsables de la crise coulent des jours heureux. Enfin, la crise ouverte en 2007 explique en partie l’arrivée de Donald Trump aux États-Unis et la montée des populismes en Europe3. Mais une crise financière est toujours possible4. Un an, c’est peu et beaucoup à la fois. Qu’est-il de cette année 2017 dont le nouveau secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres souhaitait qu’elle fut une « année de paix » ?

Comme dans la pratique de la médecine, le temps du diagnostic est essentiel pour déboucher sur le remède idoine. Pour apaiser les tensions qui secouent la planète, il faut d’abord s’appuyer sur une analyse correcte du patient monde atteint d’une pluri-pathologie, puis développer une vraie vision pour le guérir de ses maux complétant habilement outils multilatéraux et bilatéraux.

LE PATIENT MONDE : UNE PLURI-PATHOLOGIE MÉCANIQUE ET FONCTIONNELLE

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