La position française face au statut de Jerusalem en question ?

La position française face au statut de Jerusalem en question ?

Dans un courrier paru samedi 30 décembre 2017 dans le quotidien régional « Les Dernières nouvelles d’Alsace », Gilbert Roos, consul honoraire d’Israël à Strasbourg s’étonne : « à quoi correspondent ces cris d’orfraie lorsque les États-Unis annoncent qu’ils vont faire la même chose que la France [concernant le statut de Jerusalem], mais pour le côté israélien ? »

Voici l’intégralité de l’intervention de Gilbert Roos, telle que parue dans le quotidien en question :

 » Dans l’un des beaux quartiers de Jérusalem-ouest se trouve un bâtiment style Trocadéro 1937 portant sur sa grille le sigle RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, complété par le panneau “Consulat Général”. Le drapeau français et celui de l’Europe y flottent 24 heures sur 24.

On apprend par ailleurs que le Consulat Général de France à Jérusalem n’est pas soumis à l’autorité de l’ambassade de France en Israël, située, elle, à Tel-Aviv. Il est apparemment en prise directe avec le Quai d’Orsay. Sa compétence territoriale porte sur la Ville de Jérusalem (Est, Ouest et Vieille Ville), la Cisjordanie et Gaza. Le Consul Général de France à Jérusalem est également le “représentant permanent diplomatique” (autrement dit l’ambassadeur) de France auprès de l’Autorité palestinienne et Gaza.

Des Strasbourgeois résidant à Jérusalem qui font renouveler leur passeport ou carte d’identité au Consulat Général de cette ville m’ont fait part de leur étonnement de voir à la rubrique “pays de résidence” de leur nouveau passeport ou carte d’identité : “Jérusalem”. Ils se heurtent à un refus ferme lorsqu’ils demandent que figure à cette rubrique le vrai nom du pays : “Israël”. Il semble clair que pour la République tout se passe comme si la France ne reconnaissait la souveraineté de l’État d’Israël sur aucune partie de Jérusalem (Est ou Ouest ou Vieille Ville) mais y reconnaît bien celle de l’Autorité palestinienne, et ce depuis des années, et dans une certaine discrétion. Alors à quoi correspondent ces cris d’orfraie lorsque les États-Unis annoncent qu’ils vont faire la même chose que la France, mais pour le côté israélien ? […]  »

Monsieur Gilbert Roos, consul honoraire d’Israël à Strasbourg s’étonne des « cris d’orfraie » poussés selon lui par la France à la décision des Etats-Unis d’installer leur ambassade à Jérusalem. Son argumentation repose, pour faire court, sur la non-reconnaissance par la France de l’intégration de Jérusalem – au moins en partie – à l’État d’Israël.

Monsieur Roos semble oublier les 226 résolutions du conseil de sécurité de l’ONU contre autant d’actions ou de décisions prises par Israël en contradiction avec le droit international. Et le statut de Jerusalem n’en fait pas exception, puisque, de la résolution 242 de juin 1967 (adoptée à l’unanimité) portant entre autres sur le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit » à la résolution 252 datant de mai 1968, indiquant que « l’acquisition de territoires par la conquête militaire est inadmissible » et considèrant « non valides » les mesures telles que « l’expropriation de terres et de biens immobiliers qui tendent à modifier le statut juridique de Jérusalem », Israël n’a cessé d’ignorer le droit international et pratiqué en toute impunité la politique assumée du « fait accompli ».

Comparer aujourd’hui l’attitude de la France, respectueuse des décisions de l’ONU prises en conseil de sécurité avec celles du président des Etats-Unis, dont le pays est membre permanent de ce même conseil de sécurité et y dispose du droit de veto, semble pour le moins mériter ce modeste rappel à la plus élémentaire bonne foi.

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https://french.palinfo.com/35662

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